Image de soi ou image de l’autre ?

Que penser de ce corps qui ne ressemble pas à nos désirs, nos espérances, nos idéaux ? Qu’en faire lorsqu’il nous fait souffrir, vomir, pleurer, fuir et manger ? Comment « se penser soi » lorsqu’il ne correspond pas à l’image que nous avons de nous ?

92HLa société voudrait des copies, des clones, des doubles d’un stéréotype, d’une marque de fabrique, d’un modèle préconçu. Lorsque nous ne sortons pas de la même usine ou que nous devions de la chaine de production, nous voilà hors circuits, écartés des autres et en direction d’un endroit inconnu, terrifiant et isolé.

Lorsque les formes se transforment en difformités, que les rondeurs prennent des allures bossues et cabossées, l’image en souffre, le corps aussi et surtout la tête.

Parce que ce qu’on mange est ce qu’on est, ce qu’on pense aussi. C’est d’ailleurs souvent ce qu’on pense qui nous fait manger et la boucle est bouclée. Le cercle vient de se former pour nous faire naviguer sur des eaux de plus en plus tumultueuses. Eaux qui ne se calmeront qu’une fois que nous serons sortis de cette roue infernale.

Mais l’image à laquelle nous inspirons est-elle vraiment la notre ? Ne serions-nous pas à la poursuite d’une fausse identité ? De cette identité qu’ils nous font miroités, comme un idylle qui efface tous problèmes corporels mais aussi de confiance en soi, de sex appeal, de richesse, de santé et tout le package « well being ».

Comment, dans ce dédale d’images souvent inatteignables, pouvons-nous trouver la notre ? Celle qui reflète autant nos forces et nos faiblesses, notre esprit et notre corps.

La force de l’attraction peut peut-être nous aider ici.

Pourquoi sommes-nous tant attiré vers cet endroit inconnu, hors des sentiers battus ? Où cherchons-nous à aller inconsciemment (ou consciemment parfois) ? Qu’est ce qui nous pousse à sortir des rails, à ne pas écouter notre corps, à manger trop, à ne pas avoir cette fameuse « volonté » que tout le monde nous reproche ?

Mais aussi qu’est ce qui fait qu’on reste sur ce chemin dangereux parfois, dans tous les cas désagréable et effrayant ? Qu’est ce qui nous empêche de « faire autrement », « penser autrement », « ressentir autrement » ?

149HLes réponses à toutes ces questions ne sont pas toujours (voire rarement) évidentes, parfois trompeuses car masquant une réalité bien moins policée. Elles méritent pourtant de trouver sens et écho en nous car elles seules pourront changer profondément et durablement les choses.

Les régimes miracles, les cures, les efforts contrôlés, les restructurations de l’alimentation, les « mieux manger », les « manger sain à votre faim » ne pourront être durables et viables que s’ils sont accompagnés d’un travail sur les causes profondes et sur les raisons du maintien du comportement dans le présent. A cela s’ajoute un travail d’accompagnement du changement de la perte de poids (qui peut être tout aussi éprouvant que la prise de poids).

La prise de confiance (la vraie) se fait aussi (et surtout) de l’intérieur, au contraire de celle qui s’illusionne d’une perte de poids sur la balance. C’est en ayant confiance en nos sensations, nos ressentis mais aussi nos envies, nos désirs que nous pouvons reprendre pieds dans un corps qui nous a été trop vite spolié, comme dépossédé de son essence par juxtaposition et superposition d’images truquées, factices et irréelles.

L’amour est aussi là essentiel : savoir et/ou apprendre à s’aimer, d’abord tel que l’on est et peut-être après tel que nous pouvons être (et non souhaiterions être). Développer la compassion, la compréhension, la douceur et la tendresse envers nous-même est une des clefs pour changer notre regard et notre image. De là, des changements subtiles mais profonds feront leur travail et nous pourrons nous retrouver nous, tel que nous sommes.

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